L’éjaculation précoce est un réel problème pour l’homme qui souhaite combler sa partenaire. C’est le premier trouble sexuel chez l’homme de moins de 30 ans et il reste relativement stable avec l’âge.

Aux Etats-Unis, dans 22 % des cas, la cause du divorce est due à une dysfonction sexuelle !

Il est intéressant de voir que dans le monde animal, plus une espèce est vulnérable et plus elle éjacule rapidement, ceci dans un but de survie. La révolution sexuelle a tout naturellement amené une nouvelle approche de la sexualité : celle du droit à l’orgasme pour la femme. 

Les médecins ont  tenté de donner une définition de l’éjaculation précoce qui a d’ailleurs évolué  au cours des années. Pour Master et Johnson, était éjaculateur précoce l’homme qui éjaculait avant que sa femme n’arrive à l’orgasme. Bien entendu cette définition a très vite été remise en question. Pour H. Kaplan, l’éjaculateur précoce est l’homme dont l’orgasme se produit de manière involontaire. Lors de la dernière consultation internationale sur les dysfonctionnements sexuels la définition donnée était : brièveté de la latence éjaculatoire, perte de contrôle et détresse psychologique de l’homme ou de sa partenaire.

Les études cliniques ont confirmé une relation de l’éjaculation précoce avec l’anxiété, la dépression et la faible activité sexuelle. Un lien a également été suggéré avec la prostatite chronique et les troubles érectiles. Une autre hypothèse récente est celle d’une anomalie de la leptine (hormone qui régule l’appétit).

Le Dr Waldinger a récemment proposé de départager l’éjaculation précoce en quatre groupes distincts :

  • L’éjaculation précoce primaire qui apparaît dès les premiers rapports sexuels et par la suite, à chaque rapport sexuel quelle que soit la partenaire.
  • L’éjaculation précoce secondaire ou acquise est celle qui apparaît subitement et progressivement chez un homme qui jusque-là contrôlait bien son éjaculation. Elle est alors associée à un trouble érectile, à une prostatite, à un problème psychologique ou à un conflit de couple. La situation va s’améliorer dès que  le problème est réglé.
  • L’éjaculation précoce naturelle est celle qui apparaît de manière occasionnelle. Il ne s’agit que de variations normales mais parfois gênantes lorsqu’elles sont fréquentes.
  • La pseudo éjaculation précoce. L’homme a un rapport normal pendant 5 à 25 minutes mais malgré cela il se croit éjaculateur précoce.

En fait cela démontre que les vrais éjaculateurs précoce sont assez rares.

Approche médicamenteuse

Les hommes, déprimés traités avec des antidépresseurs de la dernière génération,  auraient remarqués que leur éjaculation était retardée. Au-delà des effets secondaires d’une prise prolongée des antidépresseurs,  reste bien entendu la question de leur efficacité à long terme : guérissent-ils de l’éjaculation précoce ou faut-il les prendre à vie ?

Approche avec la méthode sexocorporelle

Comme son nom l’indique il s’agit d’une approche qui implique le corps. Elle s’applique à différents dysfonctionnements sexuels aussi bien chez l’homme que chez la femme. Elle s’adresse à des hommes souffrant d’anxiété et à des femmes manquant de désir sexuel, qui sont anorgasmiques (qui ne parvient pas à l’orgasme) ou qui souffrent de vaginisme (contracture vaginale rendant la pénétration douloureuse voire impossible).

Cette approche a pour but d’améliorer la qualité de l’excitation sexuelle sur le plan physiologique. De façon générale, ces approches permettent d’apprendre à différer l’excitation, à la canaliser, ainsi qu’à la gérer et à apprendre à effectuer un lâcher prise. Cette approche est indiquée chez l’homme éjaculateur précoce ou rapide.

Certains hommes se « préoccupent » tellement des réactions de leurs partenaires qu’ils oublient se s’occuper d’eux-mêmes. Privés du contact avec leur propre corps, ils sont alors  envahis par l’excitation, sans pouvoir intervenir à temps. Par différents exercices l’homme pourra prendre conscience de ses réflexes lors d’une relation sexuelle et apprendre à les gérer.

Toutefois le recours à la sexologie demande de la part de l’homme comme de la femme, de se remettre en question et d’investir de son temps et aussi, bien entendu d’un peu d’argent.  L’ alternative est aussi de partager son lit avec une ou un partenaire compréhensif, patient et à l’esprit ouvert. Cela permet certainement, avec le temps et la patience, d’améliorer la situation.